"L'amour est très surestimé" - Brigitte Giraud

Publié le par A la mère si

Il y a quelques temps, j’ai lu un recueil de nouvelles : Celui de Brigitte Giraud. « L’amour est très surestimé ». Surtout à ne pas lire les jours où vous n’avez pas le moral/ vous êtes face à des changements de situation/changements hormonaux !/et surtout les jours où vous doutez de la solidité de votre couple !

 

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Ces onze récits sont extrêmement bien écrits, il faut bien le dire quand même, c’est maussade et désenchanté mais les mots sont si justes, les situations tellement envisageables que ça donne envie de s’accrocher à l’amour et le surestimer !

C’est quoi l’histoire : L’auteur s’imagine onze fois des histoires d’amours qui se terminent, elle le fait avec beaucoup de cruauté même…


Elle décompose l’avant :

« C’est la fin de l’histoire et vous ne le savez pas. Il est là, debout devant la fenêtre, et vous lui en voulez de masquer la lumière. Ce n’est pas lui que vous voyez mais le jour qu’il empêche d’entrer….Vous n’avez rien vu venir et vous ne l’aimez plus…vous acceptez de ne plus supporter : sa démarche, sa conduite, la musique qu’il écoute. »

 

Elle épluche le pendant. Avec l’annonce d’une séparation aux enfants. Evidemment, en jeune maman que je suis ce récit m’a fait chialer, et quand je dis chialer c’est avec les sanglots, la gorge nouée et la morve partout !

« Nous allons réunir les enfants ce soir. Nous allons leur apporter la preuve que l’amour n’est rien, rien de ce qu’on nous avait laissé croire. Nous allons apparaître sous un jour nouveau, minables et coupables, approximatifs. Nous allons encore dire « nous » pour la dernière fois, ensuite nous parlerons comme tous les parents séparés, nous dirons « ton père », nous dirons « ta mère » et surtout nous passerons à la première personne du singulier. »

 

Elle ose s’imaginer l’après. L’après de Bertrand Cantat.

« Personne ne parlait plus de Bertrand Cantat. Il commençait à purger sa véritable peine. Il devenait inconvenant de penser à lui comme à un homme en deuil. Et c’est ainsi que je pensais à lui, que j’y pense encore aujourd’hui. Tuer n’empêche pas d’être en deuil. »

 

Elle raconte l’insoutenable fin d’une histoire : Surtout quand c’est raconté par un enfant. Evidemment…..j’ai encore sangloté !

« Cela arrive le matin après le petit-déjeuner, après que mon père a lavé les bols et rangé le pain et le miel, après que j’ai essuyé la table. Ma mère nous quitte et part à pied. Elle prend une petite valise et mon frère par la main. »

 

« L’amour est très surestimé » de Brigitte Giraud, a été édité chez Stock (92 pages).

 

Publié dans Ce que j'ai lu

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