La douleur de l'accouchement (Vendredis intellos)

Publié le par A la mère si

Pour ma part, c’est étrange mais j’ai vécu la douleur de mon accouchement comme salutaire, un peu comme un rite de passage pour devenir mère. Un peu comme si l’intensité de ma douleur correspondait à l’intensité de l’amour que j’allais porter à mon enfant. Je sais c’est complètement ridicule… Et surtout c’est un peu mièvre tout ça !

 

Et puis bon après quelques heures de douleurs intenses, j’étais bien contente de l’avoir ma péridurale !

 

Elle m’a permis de me reposer et d’attendre un peu plus sereinement le sprint final !

 

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Il faut bien avouer que j’avais pendant ma grossesse une peur panique d’accoucher. J’ai longtemps cru que je n’y arriverais pas, que moi ou le bébé n’allions pas y survivre.

C’est encore absurde, je sais.

Puis, les mois ont passé, j’ai commencé à prendre confiance en mes capacités à devenir mère, j’ai arrêté d’espérer que mon bébé reste « en transverse », comme elle l’était, pour avoir une césarienne.

Oui, j’ai pendant un moment espéré cela, c’est encore plus absurde…

Puis, le jour J est arrivé, sans que je m’y attende car la plume était déjà très blagueuse !

Et j’ai réussi à mettre au monde mon premier enfant, je me suis dit « waouh », j’ai réussi, je l’ai fait, je peux rayer « savoir accoucher » de ma to-do-list !

 

En ce qui concerne le fait de crier pendant l’accouchement, je pense que c’est ce qui me faisait le plus peur !

Parce qu’effectivement c’est ce que j’avais vu dans tous les films représentant une naissance… J’avais l’impression que c’était un passage obligatoire. Et je me disais « moi je veux garder le contrôle, je ne veux pas crier ». Je disais même au père formant : « Si jamais je crie pendant l’accouchement, dis-moi de me taire ! ».

 

En arrivant à la maternité j’ai entendu une femme hurler de façon très étrange, je crois qu’elle avait toutes les qualités pour faire des doublages pour des films d’horreur. Le sage-femme présent en salle de travail a tout de suite essayé de dédramatisé, il m’a dit : « Elle chante un peu pour se donner de l’entrain »… Mais ses cris étaient pires que ceux que j’avais entendu dans les films ! Je devais me concentrer pour ne pas les oublier. J’avais mal pour cette femme qui elle se servait peut-être effectivement de sa voix pour détourner la douleur. En ce qui me concerne, le père formant n’a pas été obligée de me dire de me taire, j’étais tellement occupée à apprivoiser la douleur que je ne pouvais pas émettre un seul son !

 

J’en ai fait du chemin pendant cette première grossesse…

 

Et je peux comprendre les mères qui ne réussissent pas du tout psychiquement à envisager un accouchement par voie basse, comme je peux comprendre leur médecin qui fini par accepter la césarienne de convenance pour qu’elles puissent enfin passer une grossesse plus sereine.

 

Aujourd’hui, je suis entièrement confiante pour mon deuxième accouchement et ça, c’est plutôt reposant !

 

C'était ma participation pour les vendredis intellos, si vous voulez lire le début de cet article où j'évoque l'aspect culturel de l'acceptation de la douleur (René Frydman) et les cris pendant l'accouchement (Martin Winckler), c'est par ici.

 

Publié dans Vendredis intellos

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cleanettte 16/03/2012 11:39

Est-ce que j'ai crié pendant mes accouchements? Je ne crois pas de toute façon on ne peut pas crier pendant qu'on fait un effort physique et c'en est un.
Par contre j'ai geint de plus en plus fort quand les douleurs des contractions m'ont emporté lors de mon 2ème acouchement alors que la péri n'était pas possible. La sage-femme est rapidement venu
me voir pour me guider, pour que j'arrète de lutter et refuser ces contractions douloureuses et qu'au contraire je respire de mon mieux pour qu'elles deviennent encore plus efficaces. La douleur
est redevenue gérable. Alors moi aussi je doute fort de la nécessité des cris au cours d'une naissance bien accompagnée. D'ailleurs je n'ai pas souvenir de cris de la part des accouchantes voisines
si ce n'est de façon très anecdotiques.