LA GROSSESSE TRAVELLING ARRIERE

Publié le par A la mère si

 

A la vue de ce trait rose sur le fameux test de pipi, je n’ai pas explosé de joie mais plutôt j’ai été prise d’une vague d’angoisse et de panique qui ne m’a quitté qu’au fil des mois où mon bébé s’est développé dans mon ventre.

Au fil des semaines j’allais faire le deuil de mon identité de jeune fille insouciante pour rentrer dans la peau d’une jeune femme avec des responsabilités. Et ça pour moi ce n’était pas rien, il me faudrait virer ma chrysalide et tout ses accessoires de jeune fille ! Il y eût un deuil important à faire, celui de ma propre enfance : jamais plus je ne serais un enfant puisque j’allais en élever un !

 

Et puis je suis rentrée dans des considérations plus futiles aussi : j’allais moins voyager, moins faire la fête, j’arrêterais les grasses mat’, les apéros à rallonge, les séances shopping, les fous rires et j’aurais les cheveux gras, un jogging, 20 kg de plus et peut-être un monospace aussi ! J’aurais tellement voulu être aussi prête et sereine que le papa mais au lieu de ça je lui aie gâché beaucoup de ses joies et de moments que nous ne pourrons rattraper.

J’ai passé des nuits entières à me demander comment j’allais faire pour m’habituer à cette nouvelle vie et à cette nouvelle identité de femme enceinte.

 

En dehors de ces nausées et de ce stress par rapport à l’annonce de ma grossesse, il y eût l’énorme culpabilité de ne pas ressentir les mêmes joies que celles décrites dans les magazines. Il y eût aussi l’énorme culpabilité d’avoir déçu le papa : il était fou de joie et moi j’étais tourmentée, parfois atterrée.

Heureusement cela n’a pas duré, les nausées se sont estompées, je me suis sentie mieux dans mon corps et puis il y eût ma première rencontre avec la sage-femme, celle que je bénis mille fois d’avoir prononcé les mots qui allaient enfin me soulager. J’ai été suffisamment à l’aise pour lui confier mes angoisses quant aux changements que l’arrivée du bébé allait entrainer dans ma vie. Elle me fit comprendre que j’avais surtout peur de perdre une partie de mon identité et elle m’a rassuré sur le fait qu’avoir un enfant n’avait jamais transformé totalement la personnalité d’une femme.

Mille fois merci !

J’avais besoin d’entendre ces mots afin de commencer à assumer le nouveau rôle que j’allais endosser. Elle m’a dit que c’était parfaitement sain de se poser toutes ces questions pendant la grossesse et que cela me permettrait d’être plus au clair au moment de l’arrivée du bébé. Et bien ça a été le cas ! Je ne crois pas qu’elle sache combien je lui suis reconnaissante de m’avoir rassurée et de m’avoir permis d’envisager différemment cette naissance.

 

Alors, les choses ont suivi leur cours, mon ventre s’est miraculeusement arrondi, quelques semaines plus tard je ressentais des vagues à l’intérieur de moi et je me préparai à devenir mère.

 

Je peux aujourd’hui dire que la grossesse est une grande épreuve physique et psychologique. C’est un chamboulement énorme dans sa vie et dans sa façon d’appréhender l’avenir. Mais ça ne transforme pas littéralement les gens, je suis toujours la même avec des préoccupations quelques peu différentes….

 

Je trouve que la nature est bien faite : elle a prévu neuf mois aux être humains pour créer un bébé. Ces neuf mois de grossesse sont utiles afin de fabriquer physiquement un bébé mais aussi pour fabriquer psychologiquement une maman.

 

Publié dans Grossesse Plume

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