Quand ils grandissent...

Publié le par A la mère si

Il y a les premiers mois et les pleurs qui nous déchirent le coeur, les premières maladies infantiles, les bosses des premiers pas, les angoisses lors des séparations. Et notre coeur qui se soulève à chaque fois. Chacune des souffrances de nos enfants nous donne l'impression d'être torturés chaque fois davantage.

Et puis, on s'adapte, on apprend notre métier de parents, on nettoie les plaies, on amortit les chocs, on sèche les larmes, on prépare les séparations...

Chaque jour qui passe nous en apprend un peu plus sur notre enfant. On a l'impression de répondre toujours un peu mieux à leurs besoins.

 

Et puis, ils grandissent.

 

Et parfois nous avons beau sécher les larmes, la souffrance reste et les incompréhensions s'intensifient. Parce qu'ils sont obligés de tracer leurs chemins, faire leurs expériences sans que nous soyons constamment à leurs côtés. Il y a des maux que les parents ne peuvent effacer. Des situations dans lesquelles ils ne peuvent pas constamment intervenir.

Aujourd'hui, tout près de Plume, j'ai vraiment pris la mesure ce qui nous attendait pour disons...... toute notre vie. Je sais que chacune des souffrances de mes enfants m'écorchera chaque fois un peu plus, je sais que mon esprit sera toujours chargé du souci de leur bien-être. 

 

Aujourd'hui, Plume est rentrée de l'école et s'est réfugiée dans sa chambre. Elle a pleuré, hurlé, longuement, très longuement. Chacune de nos interventions auprès d'elle n'ont fait que redoubler l'intensité de ses pleurs. Nos questions restaient sans réponses, nous étions désarmés face à une manifestation de souffrance aussi intense. Lorsque je lui demandais : "Tu as eu un souci à l'école?", ses pleurs redoublaient, mais elle restait muette. Puis, nous lui avons signifié que nous allions téléphoner à sa copine S pour savoir pourquoi elle était si triste. Plume a commencer à s'apaiser.

Son amie nous a dit que des garçons l'avaient embêtée et poussée pendant la récré. Nous nous en doutions fortement, au regard de sa lèvre abîmée et de son oreille gonflée.

Ce sont les paroles de sa copine qui ont apaisée Plume et pas les notres. Face à cette souffrance nous étions impuissants. Et nous le serons à de nombreuses reprises.

 

C'est un chagrin de petite fille qui peut paraitre banal. Il a été marquant pour nous. Parce que nous avons encore une fois observé à quel point Plume pouvait être sensible. Et surtout nous avons découvert nos limites de parents. Il y a des souffrances que nous aimerions éviter, des situations dans lesquelles nous voudrions la protéger mais notre rôle est aussi de la confronter à toutes ces difficultés. C'est vraiment aujourd'hui que je mesure la complexité de cette tâche.

 

J'aurais aimé que Plume se confie spontanément, qu'elle me parle de ses inquiétudes. Mais cette dimension reste compliquée pour elle. J'ai passé ma journée le coeur serré à l'imaginer face aux problèmes de violence à l'école.

Puis, alors que je ne la questionnais plus, lorsque nous nous sommes retrouvées seules, toutes les deux, elle m'a raconté comment se passaient ses matinées d'école, ses copains, la maitresse, les comptines et la peinture et puis ses incompréhensions face à la violence de certains. Ajoutant même : "C'est dommage parce que sinon l'école c'est bien !".

 

Nous terminons cette journée le coeur lourd, face à la sensibilité de notre fille, face à notre impuissance mais aussi face à la violence de cette fosse aux lions que représente une cour d'école....

 


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Plus tard dans la soirée elle me reparle joyeusement de l'école et je découvre des bribes de situations qui me fendent le coeur :

"Avec ma copine S nous avons  bien joué mais les grands garçons sont venus nous embêter et nous avons pleuré toutes les deux."

Ensuite, elle ma parlé de son copain V qu'elle aime beaucoup et qui est chez nounou avec elle, il a 8 ans et est déficient intellectuel : "Ce matin V il était à l'école, je l'ai vu debout contre le mur, je suis allée le voir, des grandes filles m'ont tiré la langue et après je lui ai parlé."

Moi : "C'est bien tu parles avec lui et ses copains".

Elle : "Bah non, il n'a pas de copains". Me voyant toute déconfite, elle ajoute : "Enfin si, il en, mais ils sont méchants avec lui".

 

P*tain, il ne fait pas bon être un môme aujourd'hui !

 

Un Big Up à sa fidèle copine S (qu'elle a aussi connu chez nounou), qui joue les protectrices (et s'en sort très bien !) : Elle nous rassure à coups de : "Bon, ne vous inquiétez pas, si elle a encore un problème je vais venir chez vous pour arranger ça, faut juste que je vois ça avec mes parents". Et puis j'ai kiffé le : "Oui aussi, je fais de la danse africaine le mercredi, j'aimerais bien que Plume vienne avec moi, il suffit de beaucoup bouger les fesses, tu verras Plume c'est très bien".


S, tu déchires, faut que je te trouves un surnom de blog, j'crois que je vais souvent parler de toi ici !

 

Publié dans Maternité Plume

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Maman psychomot 09/10/2012 20:36

Je ne sais pas qui souffre le plus dans ces cas là...l'enfant ou les parents ??? C'est tellement dur de se sentir impuissant...
Pauvre petite Plume...mais allez, elle a de la répartie, elle va vite comprendre les règles de cette jungle scolaire et trouver des parades !!
Et, remarque naïve peut-être, mais dans un cas comme ça, un petit bla bla avec l'instit...ça peut peut-être aider...???

A la mère si 09/10/2012 23:30



Oui c'est clair que c'est une souffrance pour les parents : Je suis allée la chercher ce midi en redoutant de la retrouver dans le même état qu'hier. J'avais la boule au ventre, et puis
finalement tout s'est bien passé. On a parlé avec l'instit et l'atsem qui depuis veillent au grain ! Ta remarque est tout à fait juste ! Merci pour ton com, à bientôt !



Suzanne51 09/10/2012 20:08

Ah la cour d'école et ses lots de méchanceté...décidément tout le monde y passe à chaque génération...Mais rassure-toi on en ressort toujours plus fort ! Ceci dit, je m'inquiéterais aussi quand je
serai confrontée à ce problème avec mes filles !!
C'est vraiment génial que Plume puisse compter sur sa copine S et d'ailleurs que penses-tu de Super Copine comme surnom de blog ? (bon je reconnais que c'est basique lol)

GROS BISOUS

A la mère si 09/10/2012 23:31



Parfaite ton idée, c'est parti pour super copine !


Je t'embrasse !



Sabine 09/10/2012 17:32

C'est dingue cette violence à l'école qui s'accentue dès le plus jeune âge... ça m'énerve et c'est vrai qu'en tant que parent on se sent impuissant parfois devant la douleur de nos enfants ! Bon
courage.

A la mère si 11/10/2012 23:29



Tout à fait, on se sent vraiment impuissants. J'ai aussi l'impression que la violence à l'école s'accentue mais ce n'est peut-être qu'une impression ? Bon, j'en doute....



Poppy 09/10/2012 11:09

Ben dis donc Plume, c'est pas drôle ce qui t'arrives là!! Tu sais A la Mère Si, j'ai tjs été une grande sensible, et je peux te dire qu'avec le temps ça devient une vraie force!! Des bisous à vous
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amalise 09/10/2012 10:56

Pauvre Bichette! Elle a en de la chance d'avoir cette copine pour veiller sur elle. Tu regrettes qu'elle ne te parles pas spontanément, mais ça ne doit pas être facile pour un enfant de savoir ce
qui est bien ou non. Et puis en définitive, elle a l'air de te raconter beaucoup de choses ta Plume, c'est qu'elle sait que tu es là pour elle ...